Sur les traces des derniers dodos de l’île Maurice

Picture Of A Wooden Statue Representing The Symbol Of Mauritius

S’il est un animal mythique indissociable de Maurice, c’est bien entendu le légendaire dodo. En plus du dodo d’Alice au pays des merveilles sortant de l’imagination débridée de Lewis Caroll, de nombreux livres pour enfants s’en inspirent. Emerveillez petits et grands en les emmenant à la découverte  de ce gros volatile et de son environnement au Muséum d’histoire naturelle de Port-Louis. Embarquement sur les traces des derniers dodos de Maurice.

 

Le Dronte mauricien, un oiseau assez pataud

Ce gros oiseau aptère (sans ailes) était endémique de l’île Maurice. Appelé dodo ou dronte, il n’était présent que dans cette région (quelques exemples de dronte blanc à la Réunion), et son corps s’était adapté à la vie insulaire. Observé pour la première fois en 1574, le dodo insectivore et frugivore vivait à l’état sauvage sur l’île, alors inhabitée.

N’ayant aucun prédateur naturel, le dodo perdit la capacité de voler. Ses ailes s’atrophièrent et sa queue se raccourcit. “Son corps, recouvert de plumes, mesurait 1 m de haut et pesait environ 10 kg. Son plumage était généralement blanc ou grisâtre. Il possédait un long bec d’environ 20 cm, dont la pointe en forme de crochet reflète ses habitudes alimentaires. Le dodo l’utilisait probablement pour casser les noix de coco. Ses pattes étaient jaunes et robustes, similaires à celles des poules”. Nichant à même le sol, le dodo va devenir une proie facile lors de l’arrivée des premiers hommes sur l’île Maurice.

 

Chronique d’une extinction

Lorsque les Hollandais prennent possession de Maurice en 1598, l’animal ne fuit pas. Peu rapide, l’animal est abondamment chassé pour sa graisse (et non pour sa viande dont l’odeur et la texture étaient peu appétissantes).

Les Hollandais s’installent à Maurice en 1634 et construisent un fort près de leur lieu de débarquement. La destruction des forêts pour faire place à des cultures importées telles que la canne à sucre, le riz, le tabac, l’indigo, les légumes et les agrumes, et l’accroissement de la population humaine jouent un rôle déterminant dans l’extinction du dodo. Facilement chassé à cause de son incapacité à fuir ou à se défendre, son habitat en danger, face au prédateur supérieur qu’est l’homme, on estime que les derniers spécimens de dodos sont observés vers 1690. N’existant que sur l’île Maurice et en quantité infime à la Réunion, le dodo disparaît complètement de la terre et est considéré comme une race éteinte à la fin du XVIIème siècle.

 

Retrouver le dodo

S’il existe également de nombreux ossements de dodos dans différents musées du monde, c’est néanmoins au Muséum de Port-Louis que vous aurez la chance d’en admirer une belle collection. Dès l’entrée, les premiers dodos, œuvres d’artistes locaux, vous souhaitent la bienvenue dans le musée le plus ancien du pays et d’Afrique australe. Il présente des collections commençant au début du XIXe siècle de spécimens de la faune et de la flore des Mascareignes, en particulier des spécimens endémiques de l’île Maurice. Le squelette du dodo mauricien est exposé au public. Il a été acquis par le musée en 1900, après sa découverte à la Caverne Patate. On y découvre également une fidèle reconstitution d’un dodo qui rend évidente les causes de sa disparition. Le dodo est également représenté dans des gravures anciennes, des tableaux qui ressuscitent le légendaire animal.

 

Bientôt, le dodo en 4D

Conscients de cet atout-phare, le musée de Port-Louis s’est lancé dans un grand projet de réalité virtuelle. Il est en effet prévu à moyen terme la recréation de l’écosystème du dodo des années 1600. Il sera alors possible de voir évoluer le dodo dans son environnement naturel, mais également de le toucher ou de marcher avec lui. En attendant, une nouvelle exposition d’œuvres artistiques présente Chiruy, une famille de dodos.

 

Le Musée de Port-Louis, s’il ne bénéficie pas des dernières technologies, demeure néanmoins un beau musée historique avec d’intéressantes collections de la faune et de la flore locales. Le dodo y tient évidemment la place d’honneur. Si le mythique animal a disparu des terres mauriciennes, il a largement inspiré les artisans locaux. En bois, naturel ou peint, vous pourrez repartir en ramenant dans vos bagages un souvenir durable du dodo mauricien.